Gernot Rohr a officialisé mardi soir, une liste élargie à 28 joueurs pour la CAN 2025. Le sélectionneur du Bénin ne se contente pas de répondre à une contrainte organisationnelle, il expose évidemment une vision, presque une philosophie, celle d’un groupe pensé pour durer, encaisser et apprendre sans se renier.
Le choix d’élargir le groupe initialement prévu à 25 noms montre d’abord une volonté d’anticipation. Gernot Rohr connaît les exigences d’une CAN longue, intense, souvent impitoyable avec les effectifs trop justes. Les blessures de Cédric Hountondji et de Felipe Santos ont évidemment pesé dans la balance, tout comme l’incertitude persistante autour de l’état physique d’Andréas Hountondji, dont le retour progressif n’a pas suffi à dissiper tous les doutes. Dans ce contexte, élargir la liste revient à sécuriser l’avenir immédiat, à se prémunir contre les imprévus et à préserver l’équilibre du groupe sur la durée de la compétition.
Le cœur de cette sélection ne souffre d’aucune contestation. Saturnin Allagbe, Marcel Dandjinou, Olivier Verdon, Yohan Roche, Sessi d’Almeida, Junior Olaitan, Jodel Dossou, Tosin Aiyegun et Steve Mounie incarnent l’ossature des Guépards version 2025. Gernot Rohr n’a pas cédé à la tentation de la rupture brutale. Il a préféré s’appuyer sur des repères solides, forgés au fil des campagnes qualificatives et des compétitions précédentes.
Dans les buts, Allagbé, devenu remplaçant, accepte désormais un rôle plus discret, celui d’un cadre expérimenté capable de transmettre sans s’imposer par la parole. Sa simple présence dans le vestiaire suffit à rappeler les exigences du haut niveau. Devant lui, Olivier Verdon demeure un leader naturel, dont la maturité, la lecture du jeu et l’agressivité maîtrisée offrent au Bénin une base défensive crédible. Au milieu, Sessi d’Almeida continue d’incarner cette sentinelle précieuse, capable de couper les lignes, d’orienter le jeu et de temporiser lorsque le bloc est mis sous pression. Offensivement, Steve Mounie reste l’homme des grandes missions, malgré un passé contrasté en phase finale de CAN, mais avec une autorité qui dépasse largement les statistiques.
Cari Miton








