Le constat est sans appel. Deux matches, deux défaites, cinq buts encaissés contre la Côte d’Ivoire, un nouveau revers (0-1) face au Niger et, au bout du compte, une élimination précoce. Le parcours du Bénin au tournoi qualificatif UFOA B U20 à Yamoussoukro tourne au fiasco. Et derrière cette contre-performance, c’est toute une méthode de préparation et de gestion de la sélection qui interroge.

Condamnés à gagner ce mercredi 29 juillet 2026 au Lycée Scientifique de Yamoussoukro après leur naufrage initial contre le pays hôte, les Guépards U20 n’ont jamais véritablement réussi à inverser la tendance. Face au Niger, ils se sont inclinés 0-1, quittant ainsi la compétition avec un bilan particulièrement préoccupant : deux matches, deux défaites et aucun but marqué.
Une entrée en matière catastrophique
Pour leur première sortie, les jeunes Béninois avaient déjà subi une lourde correction face à la Côte d’Ivoire. Au stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro, les Guépards juniors avaient été balayés 5-0 par les Éléphants. Le doublé de Koutouan Eloye, élu homme du match, avait notamment contribué à faire basculer une rencontre dans laquelle les Béninois ont semblé dépassés dans pratiquement tous les secteurs de jeu. Cette défaite aurait pu être considérée comme un simple accident si la réaction attendue était intervenue. Il n’en fut rien. Face au Niger, le Bénin devait montrer un autre visage, avec davantage de caractère, de maîtrise et surtout de cohérence dans le jeu. Au lieu de cela, les mêmes insuffisances ont persisté.
Deux matches, zéro réaction : Le problème est ailleurs
Perdre un match de football peut arriver. Perdre deux matches consécutivement peut également arriver. Mais lorsqu’une équipe nationale de jeunes s’effondre de cette manière dans une compétition qualificative, la question ne peut plus être réduite à la seule performance des joueurs. Il faut interroger la préparation, les choix techniques, l’organisation et la responsabilité du staff. Et sur ce point, Raymond Tchayé doit assumer sa part de responsabilité. Nommé sélectionneur national U23, Raymond Tchayé a finalement été propulsé à la tête des U20 après le repositionnement de Vincent Rautureau, désormais manager général des sélections de catégories d’âge. Une situation qui, à elle seule, pouvait déjà susciter des interrogations sur la continuité du projet technique. Mais le véritable problème semble avoir été ailleurs : dans la manière dont cette sélection a été préparée et conduite.
Le choix de faire cavalier seul interpelle
Selon les éléments rapportés autour de la préparation, Raymond Tchayé aurait choisi de s’affranchir de certaines orientations de la Direction technique nationale, notamment sur les aspects tactiques. Si ces informations sont avérées, elles posent une question fondamentale : à quoi sert une Direction technique nationale si ses orientations peuvent être ignorées par les sélectionneurs ? Une sélection nationale ne peut pas fonctionner comme une équipe de club où un entraîneur dispose d’une autonomie totale. Elle doit s’inscrire dans une philosophie, une méthodologie et une ligne technique définies au niveau fédéral. Le sélectionneur a évidemment le droit de faire ses choix. Mais il doit également être capable de les justifier, surtout lorsqu’ils conduisent à un tel échec.
Raymond Tchayé doit expliquer ses choix. La Direction technique nationale doit également expliquer comment cette préparation a été conduite. La Fédération doit, elle aussi, tirer les enseignements de cet échec. Qui a validé le programme de préparation ? Qui a autorisé le match amical contre le Togo ? Pourquoi le sélectionneur n’était-il pas auprès de son équipe ? Les orientations tactiques de la Direction technique nationale ont-elles réellement été respectées ? Pourquoi cette équipe a-t-elle affiché si peu de cohérence dans les deux matches ? Autant de questions auxquelles le football béninois mérite des réponses.








