Le football a cette cruauté et cette magie capables, en quelques jours, de faire basculer un destin. Yohan Roche en est aujourd’hui l’illustration parfaite. Le 23 décembre 2025, il portait encore le lourd fardeau d’un match raté face aux Léopards de la République Démocratique du Congo, lors de l’entrée en lice des Guépards du Bénin à la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Quatre jours plus tard, le 27 décembre, le même homme est devenu le héros d’un peuple entier.
Ce soir du 23 décembre 2025, au coup de sifflet final face à la RDC, Yohan Roche était au centre des critiques. Dans une compétition aussi exigeante que la Can, l’erreur ne pardonne pas. Le défenseur béninois, aligné dans des conditions difficiles, avait alors incarné malgré lui la frustration des supporters des Guépards, déçus par cette entrée en matière manquée. Mais le sport de haut niveau offre parfois une seconde chance. Le 27 décembre 2025, face aux Zèbres du Botswana, le Bénin jouait sa survie dans le tournoi. Dans un contexte tendu, marqué par l’urgence de résultats, les Guépards ont pu compter sur l’abnégation et le dépassement de fonction de leur latéral gauche de fortune : Yohan Roche. Au Complexe Sportif Prince Abdellah (annexe du stade olympique), le défenseur s’est mué en sauveur. D’un plat du pied imparable, il a inscrit l’unique but de la rencontre, offrant au Bénin une victoire historique et surtout une bouffée d’oxygène dans cette CAN Maroc 2025.
La pierre rejetée devenue pierre angulaire
Ce but, au-delà de sa valeur comptable, symbolise une renaissance. « Ça fait plaisir d’avoir marqué et d’offrir cette première victoire au Bénin en Coupe d’Afrique », a confié, ému, le joueur de ACS Petrolul. En l’espace de quatre jours, la pierre rejetée est devenue la pierre angulaire. Désigné homme du match Bénin–Botswana, Yohan Roche s’est réinstallé, avec autorité et humilité, dans le cœur des inconditionnels des Guépards. De zéro à héros, Yohan Roche a passé cet examen avec brio. Son parcours éclair dans cette CAN rappelle que le football n’est pas seulement une affaire de talent, mais aussi de caractère, de résilience et de foi en soi. Pour le Bénin, il incarne désormais l’espoir, la rédemption et cette capacité à se relever quand tout semble perdu. L’histoire retiendra que, dans cette 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations, un Guépard a rugi plus fort que le doute. Et son nom restera gravé : Yohan Roche.








