Qualifiés pour les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies CAF Maroc 2025, les Guépards du Bénin ont déjà inscrit une page importante de leur histoire. Cette performance, obtenue au terme d’une phase de groupes âprement disputée, place désormais la sélection béninoise face à un défi majeur : croiser l’Égypte ce lundi 5 janvier à Agadir. À l’heure du bilan, les observateurs béninois oscillent entre satisfaction assumée et lucidité sur les insuffisances révélées, tout en nourrissant un espoir mesuré.
Pour nombre d’analystes, cette qualification mérite d’être pleinement valorisée. Elle marque une rupture avec les précédentes participations et consacre une progression réelle. Sabi Mekiré Aminoulaye souligne que cette campagne a permis au Bénin de franchir deux paliers symboliques : une première victoire en phase finale de Can et une qualification acquise avant l’ultime journée. Des éléments qui confèrent à ce parcours une dimension particulière et témoignent d’un changement de statut progressif.
Dans le même esprit, Simin Lafia estime que le contrat minimal a été rempli. Pour lui, l’essentiel résidait dans le passage du premier tour, objectif atteint sans contestation possible. Le bilan global est donc jugé satisfaisant, même s’il appelle à des ajustements pour la suite. Cette lecture positive n’occulte cependant pas les failles apparues, notamment lors de la lourde défaite face au Sénégal. Sabi Mekiré Aminoulaye y voit un rappel brutal des exigences du très haut niveau. Selon lui, le football ne se construit pas dans l’urgence et ce revers doit servir d’électrochoc pour renforcer les investissements à la base, en particulier dans la formation des jeunes, à l’image de nations africaines ayant bâti leur succès sur la durée.
Alphonse Hennou partage cette analyse critique. Il pointe un déficit d’efficacité offensive et des errements défensifs qui, à ce niveau de compétition, se paient immédiatement. Pour lui, ces lacunes constituent autant de chantiers à corriger si le Bénin veut rivaliser durablement avec les meilleures sélections du continent. C’est avec ce mélange de fierté et de vigilance que les regards se tournent vers l’obstacle égyptien. La tâche s’annonce immense face à une nation au palmarès impressionnant et rompue aux joutes à élimination directe. Sabi Mekiré Aminoulaye rappelle d’ailleurs que l’histoire des confrontations ne plaide guère en faveur des Guépards. Mais paradoxalement, le fait d’avoir déjà atteint l’objectif initial pourrait libérer le groupe et réduire la pression.
Plusieurs observateurs estiment que cette posture d’outsider peut devenir un avantage. La jeunesse, l’énergie et la vivacité des Guépards sont perçues comme des armes face à une équipe égyptienne plus expérimentée. Alphonse Hennou convoque le souvenir de 2019, lorsque le Bénin avait éliminé le Maroc, pays hôte, contre toute attente. Un précédent qui nourrit l’idée qu’un exploit reste possible, même face à un géant continental.
La clé de ce huitième de finale résidera dans la capacité des Guépards à corriger leurs erreurs et à jouer avec audace. Sabi Mekiré Aminoulaye appelle à la concentration et à la confiance accordée aux jeunes. Alphonse Hennou insiste sur la nécessité d’oser, de miser sur des joueurs habités par l’envie de se battre et d’insuffler du sang neuf pour dynamiser l’attaque. Simin Lafia, pour sa part, rappelle que le football demeure imprévisible et que l’attitude affichée par les Guépards depuis le début de la compétition constitue un motif d’espoir.
À quelques heures du coup d’envoi, le sentiment dominant est celui d’une mission déjà accomplie, mais aussi d’une opportunité rare à saisir. Au-delà d’un simple match à élimination directe, cette confrontation face à l’Égypte représente une occasion supplémentaire pour les Guépards de repousser leurs limites et, peut-être, de continuer à écrire une histoire qui dépasse désormais les attentes initiales.








