Élu à la présidence de la Fédération Béninoise de Pétanque pour le mandat 2026-2030, Salim Bio Nigan décline sa vision autour de dix axes structurants. Gouvernance, performance, infrastructures, inclusion et autonomie financière sont au cœur de son projet. Entretien.
Monsieur Bio Nigan, votre projet repose d’abord sur la gouvernance. Quelle est votre priorité sur cet axe ?
La priorité est de doter la Fédération Béninoise de Pétanque d’une administration crédible, efficace et respectueuse des textes. Dès le premier semestre 2026, nous allons relire et actualiser l’ensemble des textes fédéraux. Nous mettrons également en place une charte de bonne gouvernance, d’éthique et de responsabilité, ainsi qu’un manuel de procédures administratives et financières opposables à tous. C’est la base d’une fédération moderne.
Vous accordez aussi une grande importance à la digitalisation des licences. Pourquoi ce choix ?
Les licences sont le fondement statutaire de toute organisation sportive. Nous voulons garantir leur disponibilité, leur traçabilité et leur transparence. Cela passe par la mise en place d’un système numérique sécurisé, une base de données nationale unique et l’attribution d’un identifiant fédéral à chaque licencié. Cette digitalisation permettra aussi d’améliorer l’appui administratif aux ligues et aux clubs.
La structuration technique est votre troisième axe. Que va-t-elle apporter concrètement ?
À partir de 2026, nous allons installer une Direction Technique Nationale pleinement fonctionnelle, avec un cahier de charges clair. Elle sera chargée de la détection et de la formation des talents, de la formation continue des entraîneurs, des arbitres et des officiels. L’objectif est simple : améliorer durablement les performances à tous les niveaux.
Qu’en est-il des compétitions et des événements sportifs ?
Nous voulons des compétitions mieux organisées, plus attractives et mieux médiatisées. Les événements existants comme la Coupe de la rentrée, la Coupe de l’Indépendance ou la Coupe des départements seront maintenus, mais avec une organisation modernisée. La nocturne de la pétanque, par exemple, sera progressivement professionnalisée pour devenir un véritable label.
Les clubs occupent une place centrale dans votre projet. Comment comptez-vous les accompagner ?
Une fédération ne peut pas exister sans des clubs forts. Nous allons créer des guichets clubs pour apporter un appui juridique, administratif et organisationnel. Les clubs bénéficieront d’outils de gestion et d’un accompagnement pour la recherche de partenaires locaux et territoriaux. C’est ainsi que nous renforcerons durablement la base fédérale.
L’axe des infrastructures est très ambitieux. Quels sont vos engagements ?
Sans infrastructures aux normes, il n’y a pas de développement durable. Nous nous engageons à construire des boulodromes aux standards internationaux d’ici 2029. Nous prévoyons également la création de centres de préparation des équipes nationales, de pôles de formation et l’appui aux ligues et clubs pour la normalisation des aires de jeu sur tout le territoire.
La communication est également un pilier de votre programme. Pourquoi cet accent ?
La pétanque béninoise vend déjà l’image du Bénin à l’international. Il faut amplifier cela. Nous allons renforcer la communication institutionnelle avec la création d’un site internet professionnel, la médiatisation accrue des compétitions et la mise en place de partenariats solides avec les médias. Une bonne communication attire aussi les sponsors.
Vous parlez aussi d’inclusion, de jeunes et de dames. Quelle est votre vision ?
Le mandat 2026-2030 sera inclusif. Nous allons développer des programmes scolaires et associatifs, organiser des compétitions dédiées aux jeunes et renforcer leur formation. La promotion des dames est essentielle, notamment leur représentation dans les instances fédérales et territoriales. La pétanque doit être accessible à tous.
Quelles seront vos priorités pour les équipes nationales ?
Nous mettrons l’accent sur la performance durable. Cela passera par un calendrier annuel de préparation, des stages réguliers de haut niveau dans toutes les catégories et des regroupements techniques élargis. Nous voulons aussi renforcer la présence du Bénin dans les compétitions régionales, continentales et internationales, avec des partenariats structurants.
Enfin, comment comptez-vous assurer l’autonomie financière de la fédération ?
La subvention de l’État est importante, mais elle ne peut pas tout couvrir. Nous allons mettre en place une nouvelle politique de mobilisation des ressources afin de réduire progressivement cette dépendance. Une base financière saine et crédible est indispensable pour l’indépendance stratégique, la performance durable et la confiance des partenaires.








