À l’heure d’aborder les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le Bénin se présente avec un mélange d’espoir retrouvé et de défis statistiques à relever. Opposés à l’Égypte, les Guépards savent que l’exploit passera par une efficacité offensive retrouvée et une solidité défensive accrue.
Le Bénin a mis fin à une longue disette en phase finale de la Can en s’imposant face au Botswana lors de la deuxième journée de la phase de groupes. Ce succès, le premier en jeu ouvert dans l’histoire récente des Guépards en phase finale, a surtout mis un terme à une série de 16 matchs sans victoire à ce stade de la compétition. Une délivrance mentale majeure pour un groupe qui a su se hisser, pour la deuxième fois de son histoire, en phase à élimination directe, après l’épopée de 2019. Mieux encore, les Guépards enchaînent deux qualifications consécutives pour les phases finales, après avoir échoué lors de leurs trois premières participations. Un signe de progression et de continuité au plus haut niveau continental.
Le seul précédent du Bénin en huitièmes de finale remonte à 2019, en Égypte, face au Maroc. Ce jour-là, les Écureuils avaient ouvert le score par Moïse Adilehou à la 53e minute, avant de concéder l’égalisation à la 76e. Après une prolongation disputée, ils s’étaient finalement imposés 4-1 aux tirs au but, écrivant l’une des plus belles pages de leur histoire. L’aventure s’était arrêtée en quarts de finale, sur une courte défaite 1-0 face au Sénégal, futur champion.
Une attaque en panne, des chiffres à corriger
Dans l’édition actuelle, le Bénin peine toutefois à trouver le chemin des filets. Les Guépards n’ont marqué qu’un seul but depuis le début du tournoi, soit le total le plus faible parmi les équipes encore en lice, à égalité avec le Soudan. Ils sont restés muets lors de deux matchs de cette CAN et lors de trois de leurs quatre dernières rencontres en phase finale. Le taux de conversion des tirs illustre ces difficultés : 4 % seulement, le deuxième plus faible parmi les 24 équipes engagées. Face au Sénégal, lors du dernier match de poule, la sanction a été sévère avec une défaite 3-0, constituant la troisième défaite par trois buts d’écart ou plus du Bénin en phase finale, après celles contre le Maroc (4-0) en 2004 et la Côte d’Ivoire (4-1) en 2008.
Défensivement, les chiffres appellent aussi à la vigilance. Contre le Sénégal, le Bénin a encaissé trois buts sur six tirs cadrés concédés, un ratio qui souligne l’exigence de concentration face à des adversaires de très haut niveau. Dans le jeu, les Guépards ont toutefois montré leur capacité à conserver le ballon. Ils ont tenté 399 passes lors de cette rencontre, avec 57 passes réussies par Olivier Verdon, le total le plus élevé côté béninois, symbole d’un rôle central dans la relance et l’organisation.
Le rendez-vous face à l’Égypte marque la quatrième confrontation du Bénin contre une équipe d’Afrique du Nord en phase finale de la CAN. Le bilan reste contrasté : une défaite contre l’Égypte en 2010, un revers 4-0 face au Maroc en 2004, et la victoire aux tirs au but contre le Maroc en 2019. En temps réglementaire, le Bénin n’a jamais gagné face à une sélection nord-africaine (1 nul, 2 défaites). Face à l’Égypte, géant du continent, le Bénin devra s’appuyer sur la confiance née de sa qualification, l’expérience acquise en 2019 et une discipline collective sans faille. L’histoire récente montre que les Guépards savent se transcender dans les matchs à élimination directe. Reste à transformer les intentions en buts et à faire mentir les statistiques pour continuer à écrire leur aventure marocaine.








