Perdre un match de football peut arriver. Perdre deux matches consécutivement peut également arriver. Mais lorsqu’une équipe nationale de jeunes s’effondre de cette manière dans une compétition qualificative, la question ne peut plus être réduite à la seule performance des joueurs.

Plus troublant encore : La gestion de la préparation. Le 19 juillet 2026, alors que la sélection U20 béninoise disputait, selon les informations disponibles, une rencontre amicale contre le Togo, Raymond Tchayé aurait choisi d’intervenir comme consultant sportif lors de la finale de la Coupe du monde opposant l’Espagne à l’Argentine. Comment expliquer qu’un sélectionneur national puisse ne pas être présent auprès de son groupe à l’occasion d’un match de préparation, à quelques jours d’une compétition internationale majeure ?
Plus grave encore, des informations font état du fait que le ministère des Sports n’aurait pas été informé de cette rencontre amicale, alors même que la délégation béninoise se trouvait encore à Grand-Popo la veille. Si ces faits se sont confirmés, ils ne relèvent plus d’une simple erreur sportive. Ils posent de sérieuses questions sur la coordination, la discipline administrative et la chaîne de responsabilité autour de cette sélection. Sur le terrain, le résultat est cruel, mais surtout révélateur. Jeu approximatif, manque de maîtrise, animation offensive quasiment inexistante, joueurs méconnaissables et surtout une équipe qui multiplie les cadeaux entre la défense et le milieu de terrain : le Bénin a donné l’impression d’une sélection sans véritable repère collectif.
Il serait pourtant trop facile de faire des joueurs les seuls responsables de ce naufrage. Ces jeunes footballeurs sont les premiers à subir les conséquences d’une préparation insuffisamment maîtrisée et de choix techniques qui interrogent. Quand une équipe ne sait pas quoi faire du ballon, quand les lignes sont constamment coupées, quand les erreurs individuelles se répètent et quand aucune réaction tactique convaincante n’est visible, la responsabilité remonte naturellement vers le banc.
Il faut désormais rendre des comptes. Cette élimination doit servir de signal d’alarme. Le football béninois ne peut plus se contenter de bricolages lorsqu’il s’agit de ses sélections nationales de jeunes. Les U20 constituent un maillon essentiel de la chaîne de formation et devraient bénéficier d’un encadrement particulièrement rigoureux. Après un tel bilan, il serait incompréhensible de simplement tourner la page comme si rien ne s’était passé.








