Le Bénin n’est pas passé loin de l’exploit. En huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, les Guépards ont livré une prestation pleine de courage et d’abnégation face à l’Égypte. Longtemps solides et organisés, ils ont tenu tête aux Pharaons avant de céder en prolongations (3-1). L’Égypte file ainsi en quarts de finale, où elle affrontera le vainqueur du duel Côte d’Ivoire – Burkina Faso.

Face à l’un des géants du continent, le Bénin n’a jamais baissé les yeux. Disciplinés, généreux dans l’effort et portés par une poignée de supporters infatigables en tribunes, les Guépards ont compensé leurs limites par un engagement total. Privés de leur capitaine Steve Mounié, forfait pour cette rencontre décisive, les hommes de Gernot Rohr ont surtout misé sur la solidarité et le cœur.

Dans une rencontre globalement pauvre sur le plan technique, aucune des deux équipes n’a réellement pris le contrôle des débats. Et puisque le statut favorisait les Égyptiens, le Bénin a accepté de subir sans rompre. Pendant longtemps, les Pharaons ont tourné autour d’un bloc béninois bien en place, sans se montrer réellement dangereux.

Il a fallu attendre la 69e minute pour voir la partie se décanter. Sur l’une de leurs rares actions collectives abouties, les Égyptiens ont trouvé l’ouverture grâce à une frappe limpide de Marwan Attia à l’entrée de la surface. Une tentative en une touche qui a terminé sa course dans la lucarne de Marcel Dandjinou, pourtant irréprochable jusque-là, notamment face à Marmoush et Mohamed Salah.

Jusque-là, le match avait semblé figé dans un faux rythme, presque assoupi sous le soleil d’Agadir. Mais piqué au vif, le Bénin a alors changé de visage. En osant davantage, les Guépards ont compris qu’ils pouvaient faire douter leur adversaire. Et le destin leur a offert un sursis. À la suite d’un centre dévié de Junior Olaïtan, Mohamed El Shenawy a repoussé le ballon, mais Jodel Dossou, opportuniste, a suivi pour égaliser dans le but vide (83e).
Ce but a relancé totalement la rencontre, sans pour autant suffire à faire basculer le sort du match en faveur des Béninois. En prolongations, l’Égypte a de nouveau frappé, presque contre le cours du jeu. Une tête anodine de Yasser Ibrahim, sans réelle puissance mais à la trajectoire trompeuse, a lobé Dandjinou (97e). Puis, alors que le Bénin jetait ses dernières forces dans la bataille, Mohamed Salah a scellé le sort de la rencontre sur contre-attaque au bout du temps additionnel (120+4).

Le score final apparaît sévère pour les Guépards, tant l’écart réel entre les deux équipes a semblé mince. L’Égypte, fidèle à sa réputation, a une nouvelle fois su survivre dans un contexte difficile, notamment à Agadir, où elle semble décidément insubmersible. Le Bénin, lui, peut nourrir des regrets. Avec un peu plus d’audace plus tôt dans le match, l’histoire aurait peut-être été différente.
De retour vers Rabat, les Béninois referont sans doute ce match dans leurs têtes. Après avoir déjà créé la surprise en 2019, ils avaient une véritable occasion de marquer encore l’histoire. Cette fois, la porte s’est refermée, laissant les Guépards regarder la suite de la compétition depuis l’extérieur, non sans fierté pour le combat livré.








