Le promoteur du Tournoi international des centres de formation de football (TIC2F) et président de l’agence First Eleven, Mounirou Daouda, a livré son analyse sur la gestion actuelle de l’équipe nationale du Bénin. Au-delà des résultats sportifs, l’acteur du football béninois estime que les véritables défis se situent au niveau de la détection des talents et de la formation des jeunes joueurs.

Selon lui, le Bénin accuse un retard important par rapport aux grandes nations africaines et européennes en matière de suivi et de recrutement des joueurs susceptibles de renforcer la sélection nationale. « Je trouve que nous ne faisons pas le nécessaire pour mettre nos joueurs dans de bonnes conditions », déplore-t-il. Pour Mounirou Daouda, les sélections les plus performantes disposent aujourd’hui de cellules spécialisées chargées d’identifier les talents à travers le monde, notamment les joueurs binationaux pouvant apporter une plus-value à leurs équipes nationales. Il regrette l’absence d’une structure organisée capable de surveiller les championnats étrangers et de détecter les profils intéressants pour les Guépards du Bénin. « Il est primordial d’avoir une structure qui permet d’avoir un œil sur ce qui se passe en Europe, en Afrique et aussi au Bénin afin d’identifier les joueurs capables de renforcer l’équipe nationale », souligne-t-il.
La disparition progressive des centres de formation
Pour le président de First Eleven, les difficultés actuelles trouvent également leur origine dans l’affaiblissement des centres de formation. Il rappelle qu’à une certaine époque, plusieurs académies béninoises contribuaient à l’éclosion de jeunes talents qui alimentaient les clubs et les différentes sélections nationales. Aujourd’hui, il constate avec inquiétude la disparition progressive de ces structures qui constituaient pourtant le socle du développement du football national. « Nous avions des centres de formation qui formaient des joueurs de qualité. Malheureusement, beaucoup ont disparu et nous n’avons plus suffisamment de joueurs capables de rivaliser au plus haut niveau », explique-t-il.
Un appel à une politique ambitieuse de formation
Face à cette situation, Mounirou Daouda invite les autorités sportives et gouvernementales à faire de la formation des jeunes une priorité nationale. Il estime que le développement du football béninois passe inévitablement par un accompagnement renforcé des centres de formation. Avec l’arrivée des nouvelles autorités à la tête du pays, il espère voir émerger une politique sportive ambitieuse visant à structurer ces centres et à leur offrir les moyens nécessaires pour produire des talents compétitifs. « Il est urgent de revenir à la base du football, qui est la formation. Les centres de formation doivent bénéficier d’un véritable accompagnement de l’État afin de produire des joueurs de qualité », plaide-t-il.
S’inspirer des modèles qui réussissent
Pour étayer son argumentaire, le promoteur du TIC2F cite en exemple plusieurs nations africaines qui ont construit leurs succès sur la qualité de leur système de formation. Selon lui, les performances du Sénégal, de la Côte d’Ivoire ou encore du Mali ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’investissements continus dans la détection et l’encadrement des jeunes talents. « Sous d’autres cieux, les clubs et les centres de formation assurent le développement des joueurs dès le plus jeune âge. C’est ce qui nous manque aujourd’hui. Sans une véritable politique de formation, le Bénin aura toujours du mal à atteindre le niveau des grandes nations africaines », conclut-il. À travers cette sortie, Mounirou Daouda remet au cœur du débat la question du développement à la base, un chantier que plusieurs observateurs considèrent comme essentiel pour l’avenir du football béninois.








