La décision de la mairie de Parakou d’exiger une autorisation préalable assortie du paiement de 50 000 FCFA pour l’organisation de tournois sportifs, culturels ou récréatifs sur les espaces publics suscite de nombreuses interrogations. Si la nécessité d’encadrer les manifestations publiques ne fait aucun doute, les modalités retenues risquent de produire l’effet inverse de celui recherché.

Depuis plusieurs années, les vacances scolaires et universitaires sont animées dans les quartiers par des tournois de football, de basketball, de handball ou encore des activités culturelles organisées grâce à la bonne volonté de jeunes promoteurs. Ces initiatives, souvent financées sur fonds propres ou grâce à de modestes contributions de partenaires locaux, jouent un rôle social important. Elles occupent sainement la jeunesse, renforcent la cohésion sociale et permettent parfois de révéler de jeunes talents.
Avec l’instauration d’une redevance de 50 000 FCFA, de nombreux organisateurs risquent tout simplement de renoncer à leurs projets. Pour plusieurs associations de jeunes et promoteurs bénévoles, ce montant représente une charge difficilement supportable. La conséquence pourrait être une diminution drastique du nombre d’activités sportives et récréatives dans les quartiers. La question mérite d’être posée : est-ce vraiment le moment de décourager ceux qui consacrent leur temps et leurs maigres ressources à l’encadrement de la jeunesse ?
Dans un contexte où les pouvoirs publics appellent régulièrement à la promotion du sport à la base, à l’occupation saine des jeunes et à la lutte contre les comportements déviants, cette mesure apparaît en contradiction avec les objectifs affichés. Car lorsque les espaces d’expression sportive disparaissent, le risque est grand de voir certains jeunes se tourner vers d’autres formes d’occupations moins constructives. Plutôt que d’imposer une charge financière supplémentaire aux promoteurs, pourquoi ne pas envisager une approche plus incitative ? La mairie pourrait par exemple accompagner les organisateurs à travers la mise à disposition de ballons, de maillots, de trophées ou encore d’un appui logistique et sécuritaire. Une telle démarche encouragerait davantage l’engagement citoyen tout en permettant à l’autorité communale de conserver un droit de regard sur les activités organisées.
Encadrer, oui. Taxer systématiquement, non. Le sport de proximité est un investissement social, pas une source de revenus. Les tournois de quartiers ont formé des générations de sportifs, renforcé le vivre-ensemble et contribué à l’éducation de milliers de jeunes.La mairie de Parakou gagnerait à ouvrir un dialogue avec les acteurs sportifs, les associations de jeunesse et les promoteurs afin de trouver un mécanisme équilibré qui garantisse à la fois l’ordre public et la promotion des initiatives citoyennes.
Car une ville qui encourage ses jeunes à entreprendre et à s’organiser autour du sport prépare son avenir. Une ville qui multiplie les obstacles administratifs et financiers risque, au contraire, d’étouffer des initiatives qui contribuent pourtant au développement de la communauté. Cette version adopte un ton ferme, critique et journalistique, tout en restant dans le registre d’un éditorial crédible et défendable publiquement.









