Alors que les Guépards du Bénin poursuivent leur quête d’une place parmi les meilleures sélections du continent, le promoteur du Tournoi international des centres de formation de football (TIC2F) et président de l’agence First Eleven, Mounirou Daouda, a livré son appréciation du travail accompli jusqu’ici par le sélectionneur national Gernot Rohr.

S’il reconnaît certaines avancées enregistrées sous la direction du technicien franco-allemand, notamment la victoire historique obtenue lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations et la qualification pour les huitièmes de finale, l’acteur du football béninois estime toutefois que plusieurs défis majeurs restent à relever. « Le bilan que je fais du sélectionneur à la tête des Guépards est un bilan mitigé », affirme-t-il. Selon lui, les résultats obtenus ne doivent pas occulter les difficultés rencontrées par la sélection nationale, notamment en matière de renouvellement de l’effectif.
Pour Mounirou Daouda, l’une des principales préoccupations demeure l’absence d’une véritable émergence de nouveaux talents au sein du groupe. Il regrette que l’équipe continue de s’appuyer essentiellement sur les mêmes joueurs alors que de nombreux jeunes évoluant au Bénin et à l’étranger attendent une opportunité de démontrer leur potentiel. « Il y a certains joueurs qui n’ont plus leur place dans cet effectif, et il serait urgent de les remplacer par des jeunes qui sont là et ne demandent que leur chance », soutient-il. Le président de First Eleven estime également que le suivi du football local devrait être davantage pris en compte dans le processus de sélection. À ses yeux, plusieurs talents évoluant dans les centres de formation et les compétitions nationales mériteraient une attention particulière afin de préparer l’avenir des Guépards.
L’exemple du Burkina Faso
Dans son analyse, Mounirou Daouda cite le Burkina Faso comme une référence à suivre en matière de détection et de formation des jeunes talents. Selon lui, les performances des Étalons reposent en grande partie sur le travail effectué dans les centres de formation, qui permettent régulièrement l’éclosion de nouveaux joueurs capables d’intégrer rapidement l’équipe nationale. À l’approche des prochaines échéances continentales, il estime que le Bénin gagnerait à renforcer sa politique de formation et à développer une stratégie plus ambitieuse pour identifier les jeunes joueurs béninois évoluant aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger.
Une identité de jeu à améliorer
Au-delà de la question du renouvellement de l’effectif, Mounirou Daouda appelle également à une évolution du projet de jeu des Guépards. Il souhaiterait voir une sélection nationale plus entreprenante et davantage portée vers l’offensive. Selon lui, le dispositif actuel, souvent basé sur un bloc défensif bas, limite les capacités offensives de l’équipe et ne permet pas toujours aux supporters de s’identifier au style de jeu proposé. Malgré ces critiques, l’acteur du football béninois reste convaincu que le potentiel existe pour bâtir une équipe compétitive capable de rivaliser avec les meilleures nations africaines. Pour y parvenir, il plaide pour une meilleure structuration de la formation, un renouvellement progressif de l’effectif et une valorisation accrue des jeunes talents. À quelques mois des prochaines échéances internationales, le débat sur l’avenir des Guépards et les orientations à donner au projet sportif béninois demeure plus que jamais ouvert.








