Vingt-cinq éditions. Un quart de siècle d’existence. Et pourtant, certains constats donnent l’impression que le temps s’est arrêté. À l’occasion de cette nouvelle édition des compétitions de l’UASCEP, plusieurs éléments liés à l’organisation interrogent.

Parmi eux, la signalétique et les supports de communication, qui semblent ne pas avoir connu le renouvellement attendu au fil des années. Des pancartes vieillissantes, une présentation peu valorisante et un dispositif visuel qui peine à refléter l’importance d’un championnat national scolaire : le constat interpelle. Au-delà de l’aspect esthétique, c’est surtout l’image renvoyée aux jeunes participants qui pose question.
Des enfants appelés à représenter leurs établissements et leurs départements se retrouvent parfois dans des tenues disparates et avec des équipements peu adaptés à une cérémonie ou à un défilé sportif. Certains défilent même en sandalettes sur une piste d’athlétisme. Or, au-delà de la compétition, ces rendez-vous sont censés transmettre aux enfants le goût de l’effort, le respect des règles, la discipline et surtout le sentiment de participer à un événement important. Le sport scolaire ne devrait donc pas être considéré comme une compétition au rabais.
Un contraste qui interpelle
La comparaison avec les compétitions organisées sous l’égide de l’Office béninois du Sport Scolaire et Universitaire (OBSSU) mérite également d’être posée. Sur plusieurs de ses rendez-vous, l’OBSSU a mis l’accent sur une organisation plus structurée, une identité visuelle cohérente et une présentation davantage en phase avec les exigences d’une compétition scolaire moderne. Cette différence soulève naturellement une question : pourquoi ne pas davantage mutualiser les expériences et les savoir-faire lorsqu’il s’agit de compétitions destinées aux jeunes ? Il ne s’agit nullement de mettre en cause les enfants ou les encadreurs présents sur le terrain. Ces derniers composent souvent avec les moyens mis à leur disposition. La réflexion doit plutôt porter sur le modèle organisationnel et sur les moyens consacrés à une compétition qui, après 25 éditions, devrait avoir franchi un nouveau cap.
La relève mérite mieux
L’enjeu dépasse d’ailleurs la seule organisation d’une compétition. Si les meilleurs talents détectés à l’occasion de ces championnats ont vocation à intégrer demain les classes sportives et à constituer une partie de la relève du sport béninois, leur environnement de détection et de formation doit être à la hauteur de cette ambition. On ne peut pas demander aux jeunes athlètes de viser l’excellence tout en leur proposant un cadre qui donne parfois l’impression de se contenter du minimum. Dès lors, la question de la tutelle et de l’implication de l’Obssu dans l’organisation de ces compétitions mérite d’être sérieusement examinée. Une implication plus importante, voire une prise en charge de certaines dimensions de l’organisation, pourrait permettre de professionnaliser davantage le dispositif, d’harmoniser les standards et surtout de mieux accompagner les jeunes talents.
Après 25 éditions, le moment est peut-être venu de tirer les leçons du passé. L’UASCEP a le mérite d’avoir permis à des générations d’écoliers de vivre des expériences sportives importantes. Mais cet acquis ne doit pas empêcher la remise en question. Le sport scolaire béninois a besoin d’ambition, de moyens, d’innovation et surtout d’une organisation à la hauteur des talents qu’il entend révéler. Les enfants ne demandent pas le luxe. Ils méritent simplement de vivre une compétition qui leur donne le sentiment que leur passion et leurs efforts comptent. Après un quart de siècle, c’est peut-être le minimum que l’on puisse leur offrir.








