Avant même le début de l’entretien, l’annonce du retrait de Coton FC de la prochaine Coupe de la CAF a surpris plus d’un observateur. Pourtant, selon le Directeur général du club, cette décision s’inscrit dans une vision stratégique de long terme.

Coton FC a obtenu sportivement sa qualification pour la Coupe de la CAF en terminant vice-champion du Bénin. Pourquoi avoir décidé de renoncer à cette compétition ?
Ce n’est pas une décision prise dans la précipitation. Il n’y a pas péril en la demeure. Nous avons pris le temps d’analyser la situation du club avant d’arrêter cette position. D’ailleurs, si nous nous étions déclarés plus tôt, cela aurait pu fausser le jeu du championnat, notamment pour les clubs concernés par les places africaines ou la relégation. Nous avons donc choisi d’aller au bout de la saison avant de prendre une décision définitive.
Quelles sont les principales raisons qui motivent ce retrait ?
Nous sommes arrivés au terme d’un cycle. Coton FC a remporté trois titres consécutifs de champion du Bénin et a terminé deux fois vice-champion. Cette constance a été rendue possible grâce à une stabilité dans la gestion de l’effectif. Mais aujourd’hui, nous constatons que ce groupe arrive à maturité. Beaucoup de joueurs sont vieillissants et l’effectif n’offre plus les perspectives que nous recherchons.
Certains évoquent des difficultés financières. Est-ce le cas ?
Absolument pas. Cette décision n’a rien à voir avec les finances. Il s’agit d’un choix stratégique. Nous avons conservé un effectif relativement stable pendant plusieurs années, mais celui-ci a progressivement perdu sa valeur marchande. Aujourd’hui, la majorité des joueurs ont plus de 25 ans et ne représentent plus un potentiel de valorisation important sur le marché.
Le projet initial de Coton FC a-t-il évolué ?
Le projet de départ consistait à réunir les meilleurs talents béninois, les encadrer et leur démontrer qu’il est possible de construire une véritable carrière à travers le football. Nous voulions offrir aux joueurs un projet sportif et un projet de vie. Aujourd’hui, nous estimons qu’il faut revenir à cet esprit fondateur.
L’effectif actuel n’est donc plus en mesure de répondre aux ambitions africaines du club ?
Nous pensons que l’équipe actuelle ne dispose pas des ressources nécessaires pour réaliser un parcours ambitieux en compétitions africaines. Par ailleurs, la stratégie qui consistait à renforcer l’effectif à l’approche de chaque campagne continentale a montré ses limites. Nous avons également constaté que l’équipe est devenue au fil du temps un véritable point de chute pour de nombreux joueurs étrangers, notamment nigérians. Cela signifie que notre politique de détection et de recrutement doit être repensée.
À quoi ressemblera le nouveau Coton FC ?
Nous allons procéder à une revue totale de l’effectif. Notre ambition est de bâtir une équipe U23 composée des meilleurs jeunes talents du pays. Nous voulons construire un groupe avec une identité forte et un potentiel de progression important.
Des changements sont-ils également prévus au niveau de l’encadrement technique ?
Oui. La refondation concernera également le staff technique. Nous souhaitons mettre en place un encadrement national capable d’accompagner efficacement ce nouveau projet sportif. Cela implique un renouvellement complet de l’encadrement actuel.
D’autres réformes sont-elles envisagées ?
Nous allons également revoir notre politique de rémunération. Désormais, les performances individuelles auront une place importante dans l’évaluation et la rémunération des joueurs. L’objectif est de renforcer la culture de la performance et de la responsabilité au sein du club.
Quel message souhaitez-vous adresser aux supporters de Coton FC ?
Je veux leur dire que cette décision est prise dans l’intérêt supérieur du club. Nous ne renonçons pas à nos ambitions. Au contraire, nous préparons l’avenir. Cette pause sur la scène africaine doit nous permettre de reconstruire des bases solides afin de revenir plus forts et plus compétitifs dans les années à venir.








